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Managers du Mois Octobre 2015  
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Mme Djiba DIALLO DIAO
Developer Experience and Evangelism Lead
Microsoft Central and West Africa


  1. Pouvez-vous vous présenter aux Educanautes ?

Aissatou Djiba DIALLO DIAO, responsable des communautés de développeurs Microsoft en Afrique de l’Ouest et du Centre, 36 ans, mariée deux enfants.

2.    Parlez-nous de votre cursus.

Après l’obtention de mon bac C au Gabon, j’ai fait une formation en Informatique Industrielle à l’Institut des Sciences et Technologies de l’Université Pierre et Marie Curie de Paris 6 d’où je suis sortie avec un diplôme d’Ingénieur, spécialité Systèmes embarqués. J’ai ensuite fais une formation de trois ans en Aéronautique à l’école de formation de la Royale Air Maroc pendant trois ans. Puis j’ai choisi de rentrer au Sénégal (le pays où je suis née) pour occuper un poste de Responsable Partenaire pour Microsoft au Sénégal et au Mali. J’étais chargée d’accompagner les revendeurs de solutions Microsoft d’un point de vue commercial mais aussi technique. Au bout de un an et demi dans ce rôle, il m’a été proposé de m’occuper de la montée en compétente des partenaires en tant que Responsable Partenaire et Stratégie pour toute l’Afrique de l’Ouest et du Centre pendant deux ans, avant de m’occuper du département des développeurs

3.    Comment s’est effectuée votre insertion professionnelle ?

La première fois que j’ai été en contact avec le monde professionnel, c’était lors d’un stage de 6 mois effectué à ALSTHOM Transport, pendant lequel j’ai travaillé sur les systèmes informatiques de base des trains automatisé (trains sans conducteur). Et la première chose qui m’a frappé, c’était le fait que personne n’avait vraiment le temps de vous expliquer ce qu’il fallait faire ou répondre à vos questions. Cette expérience m’a permis d’apprendre à savoir chercher et trouver toute seule des solutions aux obstacles que je rencontrais, au lieu de faire le tour du bureau sans être sûre d’avoir une réponse fiable. Savoir s’intégrer rapidement et être efficace et productif très tôt sont des éléments essentiels lorsque nous passons du monde des études à celui du travail.

Ensuite c’est par un concours de circonstance, et surtout avec beaucoup de chance que j’ai été recrutée en tant que technico commerciale à Microsoft. Et là aussi, il a fallu apprendre très vite. J’ai obtenu ce poste plusieurs années après avoir obtenu mon diplôme d’Ingénieur et après avoir déposé des centaines de CV en vain. La recherche a été très longue, et le plus difficile était que partout où j’allais on me demandait quelques années d’expérience que je n’avais justement pas. Sans compter le piège des interminables stages non rémunérés au Sénégal.

4.    Vous dites que vous êtes responsable des communautés de développeurs Microsoft en Afrique de l’Ouest et du Centre. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Une partie très importante de mon travail consiste à collaborer avec les communautés des IT Professionnels et de Développeurs pour leur montrer ce que la Plateforme de Microsoft peut leur apporter. En général ce sont des jeunes, des étudiants, des indépendants ou des membres de startups.

Mon rôle est de leur fournir tout le soutient dont ils ont besoin pour créer des applications et des contenus innovants, et de faire de leurs projets des succès.

C’est un environnement que j’aime beaucoup fréquenter car il est extrêmement riche en connaissance et en créativité. En réalité, j’apporte mon soutient, mais j’apprends également beaucoup de toutes ces personnes qui sont en général très passionnées et curieuses.

 

5.    Aujourd’hui l’Afrique en général et le Sénégal en particulier est en plein boom numérique. Avez-vous initié des projets/programmes pour accompagner les jeunes qui se tournent de plus en plus vers l’entrepreneuriat ?

Absolument ! En réalité, il faudrait des heures pour parler des initiatives que nous avons mises en place dans la région. Nous intervenons déjà notamment au niveau de l’Education en permettant aux étudiants de se former et se certifier sur nos technologies qui leur sont offertes gratuitement. Ensuite nous les encourageons à participer à des concours tels que Imagine Cup qui leurs offrent l’opportunité de faire preuve de créativité et de se regrouper autour d’un projet de création d’entreprise.

En plus, nous leur permettons, même après leurs études, à accéder à nos logiciels. Ils peuvent héberger leurs solutions gratuitement sur notre Cloud Azure via le programme BizSpark. Le but ici est d’alléger les couts de démarrage pour les jeunes entrepreneurs.

Nous leur permettons également d’être formés par des experts venus du monde entier via le programme MySkills4Afrika dont le but est de permettre à des employés de Microsoft et de nos partenaires de faire du volontariat et partager leur expertise avec des jeunes africains.

Enfin, nous travaillons avec les incubateurs locaux pour former les jeunes à l’entreprenariat, notamment en leur faisant bénéficier du curriculum Build Your Business qui comme son nom l’indique a pour but de former à l’entreprenariat  dans des domaines autres que techniques.

Ces dix dernières années nous avons investi plus de 24millions de dollars en don de logiciels sur le continent, formé plus de 19 millions d’étudiants et certifié près de 3000 d’entre eux, formé près de 900.000 enseignants donné l’accès gratuit à nos solutions cloud à plus de 5milions d’étudiants, et soutenu plus de 600 startups en Afrique.

Le résultat de tout ça c’est que nous avons des succès story telles que les jeunes participants au concours Imagine Cup qui sont devenues des références dans leur pays et ont été reçus par les plus grandes autorités, certains sont devenus de brillants chefs d’entreprise qui ont créé des applications et comptabilisent plus de dix millions de téléchargements.

 

6.    On entend souvent nos dirigeants professer leur désir de faire de nos villes des capitales numériques. Pensez-vous qu’on peut arriver à ce stade?

L’Afrique est en retard dans bien des domaines, mais nos dirigeants ont vite fait de comprendre que c’est dans le domaine des TICs que nous avons de meilleures chances de réduire le gap avec l’occident.

L’intérêt aujourd’hui c’est de prendre exemple sur certains pays Asiatiques. Nos pouvoirs publics gagneraient beaucoup à se faire aider dans l’implémentation des modèles Indiens ou Coréen.

Par contre il est important de préciser que c’est une bonne chose de s’inspirer de ces modèles, sans pour autant vouloir copier.  En effet il faut tenir compte des réalités africaines et faire de nos spécificités des forces.

Par exemple, qui aurait cru il y’a 20 ans que le taux de pénétration du mobile en Afrique serait l’un des plus élevé du monde, et pourtant les chiffres parlent d’eux même aujourd’hui.

Je pense que nous pouvons en effet faire des villes africaines des capitales numériques, à condition que nous poursuivions nos efforts dans l’accès à l’internet, aux outils informatiques et à la formation.

 

7.    Quel est l’aspect de votre travail que vous préférez aujourd’hui ?

Le fait d’aider de jeunes talents à se révéler, dans le cadre de concours tels que Imagine Cup par exemple, mais également le fait de pouvoir partager avec les passionnés d’informatique tous les éléments que nous mettons à leur disposition pour leur permettre d’être plus efficace et de gagner du temps. Le fait enfin de promouvoir la création d’emploi et de valeur sur notre continent.

 

8.    Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez eu à faire face dans votre carrière ?

Le premier aspect est d’arriver à être rapidement performant lorsque vous intégrez un nouveau rôle. Il faut vite apprendre car l’entreprise veut des résultats rapides, et en même temps il vous faut du temps pour vous assurer de bien intégrer tous les éléments de votre travail qui vous permettrons d’être efficace.

L’autre élément c’est la gestion de la masse de travail lorsque vous avez de grosses charges. Actuellement je gère 19 pays sur le continent, c’est très enrichissant, mais nous ne disposons pas assez de bande passante pour exploiter et développer toutes les opportunités qui sont pourtant très intéressantes. Il faut donc faire des choix, et cela peut s’avérer parfois difficiles. Par ailleurs, il faut impérativement apprendre à bien s’organiser pour être efficace lorsque vous êtes dans ce genre de situations.

Et effet, la difficulté de trouver un équilibre entre la vie familiale et les nombreuses responsabilités lorsque vous travaillez sur plusieurs pays différents.

 

9. Quels conseils donnez-vous aux jeunes qui pensent qu’il est difficile d’entreprendre en Afrique à cause du manque de financement ou d’accompagnement ?

L’erreur que beaucoup de jeunes entrepreneurs font c’est qu’ils pensent que parce qu’ils ont une bonne idée ou un bon projet, ils trouveront facilement des investisseurs ou des sponsors, c’est qui est loin d’être le cas.

Dans le domaine des TIC, et de par mon expérience, je conseillerais aux jeunes de se rapprocher des organismes qui sont spécialisés dans l’accompagnement de startups tels que les Incubateurs ou les IT Hubs pour profiter de leurs expertises, et des programmes que certaines entreprises telles Microsoft leur proposent.

Une fois qu’il ont passé cette étape, ils doivent prouver que leur projet fonctionne. En général, nous leur conseillons d’avoir un bon Business Model, et si possible de faire un pilote pour prouver que si leur solution est implémentée elle sera viable.

Enfin, je ne dirais pas que la question du financement est accessoire, mais, la réussite d’un projet tient plus à sa pertinence et à son caractère innovant. Beaucoup de multinationales aujourd’hui se sont créés sur des idées toutes simples et avec très peu de moyens, et si elles en sont florissantes aujourd’hui c’est avant tout parce que leurs créateurs ont fait preuve de beaucoup de créativité et de ténacité. C’est le cas par exemple d’un certains Bill qui a commencé dans le garage de son père !

 

10.    Selon vous, quelle alternative offre les NTIC aujourd’hui pour faire face à la problématique de l’emploi des jeunes ?

Ce qui est formidable dans le domaine des TICs c’est que les choses évoluent à une vitesse exponentielle, et celle évolution va de pair avec la création d’emplois encore inexistant il y’a quelques années. Par exemple, avec l’explosion des réseaux sociaux on entend parler de Community Manager. Toutes les innovations générées par les nouvelles technologies s’accompagnent de nouveaux besoins qu’il faut combler en créant de nouveaux types d’emplois.

Aujourd’hui c’est une très belle opportunité pour tous ces jeunes sur le continent qui appréhendent le moment où il faudra qu’ils s’insèrent dans le monde professionnel.

 

11. Les Educanautes seraient curieux de savoir comment vous concilier votre vie familiale à vos  activités professionnelles.

C’est toujours une question très délicate, surtout dans les cas comme le mien ou vous devez gérer plusieurs pays.

Personnellement je prends le temps de m’organiser de façon à ce que la plus grande partie de mes week-ends et jours libres soient consacrés à ma famille. Cela à l’air simple dit comme cela, mais ce n’est pas toujours facile !

 

12. Si l’on vous demandait de résumer votre personnalité en 3 mots, que proposeriez-vous ?

Passionnée, curieuse et très têtue

 

13. Qu’est-ce que les Educanautes devront retenir de votre passage à Manager du Mois ?

Intégrer le monde professionnel est loin d’être facile, et peut prendre énormément de temps. Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de travailler immédiatement après la fin de leurs études, je leur dirais qu’il ne faut surtout pas désespérer et essayer de profiter au mieux de la « traversée du désert » pour bien identifier ses priorités. Nombreux sont ceux qui ont mis plusieurs années avant de trouver un travail et qui sont aujourd’hui de grands cadres ou chefs d’entreprises.

Pour ceux qui viennent d’intégrer le monde professionnel, n’ayez pas peur de faire des erreurs au début, cela arrive à tout le monde et dites-vous que ce premier emploi sera déterminant pour la suite de votre carrière, même si vous estimez qu’il n’est pas à la hauteur de vos qualifications.

 

14. Pour terminer que pensez-vous d’EDUCARRIERE ?

Je pense qu’Educarrière est une très bonne initiative, qui permet d’aider les jeunes africains à se préparer leur insertion dans le monde professionnel, et Dieu sait qu’ils en ont besoin vu les conditions difficiles!

Je souhaite bonne continuation à la plateforme et j’encourage tous les jeunes du continent à profiter des contenus que vous mettez à leurs dispositions.

 

 

Entretien réalisé par Diariétou Camara









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